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» qu’il fufpend en l’air & qu’il preffe contre foft eC-» tomac. Il faut, dans cet exemple, que la figure» d’Hercule ait autant de fon poids au-delà de la» ligne centrale de fes pieds, qu’il y a du poids» d’Antée en deçà de cette même ligne. «
On voit, par ces définitions de Léonard de Vinci,que l 'équilibre d’une figure eft le réfultat des moyensqu’elle emploie pour fe foutenir, foit dans une adionde mouvement, foit dans une attitude de repos.
Je vais tâcher d’expoi'er les principes de cet auteurdans un ordre qui en rende l’intelligence plus facilepour ceux même qui ne pratiquent pas l’art de pein-ture.
Quoique le peintre de figure ne puifle produirequ’une repréfentation immobile de l’homme qu’il imite,l’illufion de fon art lui permet de faire un choix dansles adions les plus animées, comme dans les attitudesdu plus parfait repos. Il ne peut repréfenter dans lesunes & dans les autres qu’un feul inftant ; mais uneadion , quelque vive , quelque rapide qu’elle foit,eft compofée d’une fuite infinie de momens , & cha-cun d’eux doit être fuppofé avoir quelque durée. Ilsfont donc tous fufceptibles de l’imitation que le peintreen peut faire.
Dans cette fuccefiïon de momens dont eft compoféeune adion, la figure doit (par une loi que la natureimpofe aux corps qui fe meuvent d’eux-mêmes) pafieralternativement de équilibré, qui confifte dans l’égalitédu poids de fes parties balancées & repofées fur un cen-tre, à la ceffation de cette égalité. Le mouvement naîtde la rupture du parfait équilibre , & le repos provientdu rétabliffement de ce même équilibre.