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On peut dire autant du petit en général. Dansune figure de quelques pouces qui doit rappeller à l’idéecelle d’un homme de quelques pieds , c’eft par des in-dications abrégées , par des touches fpïrituelles , qu’onpourra repréfenter non-feulement une partie des formes,mais encore les affeélions de l’ame : carie petit mêmeeft ful'ceptible d’expreflion.
Vefprit eft tellement confacré dans les arts à donnerde Amples indications, qu’il eft plus particulièrementaffe&é à des croquis, d des efquifles légères. On dit,cette efquifle eft fpirituelle , ce deflîn eft fpirituellementcroqué. On dit de même en parlant de la maquette d’unfculpteur, qu’elle eft pleine tfefprit. On fe ferviroitd’une autre expreffion pour louer la ftatue, le tableau ,dont cette efquifle, cette maquette font la premièrepenfée, & même pour louer une efquifl’e, un modèlebien arrêté.
On pourrait donc définir Vefprit , dans le langagedes arts, le talent d’indiquer favamment ce qu’on n’ex-prime pas. Des indications piquantes, mais faufles, fe-ront à l’art ce qu’eft aux lettres le faux hel-efprit.
La peinture colloflale doit être fière, exagérée -, lapeinture de grandeur naturelle doit être jufte & pré-cife -, la peinture en petit doit être fpirinlelle. Les ou-vrages terminés doivent fe diftinguer par un rendufidèle , & les ouvrages croqués , ébauchés , touchés ,par des indications fpirituelies.
ïdefprit dans la penfée, dans la conception d’un ou-vrage de l’art, n’appartient pas eflentiellement à l’artcomme partie,conftitutlve, mais il l’ennoblit. Cepen-dant ati lieu de donner feul à l’ouvrage une valeurcertaine, il eft lui-même dégradé s’il n’eft pas foutenupar les moyens qui appartiennent à l’art & qui 1*