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Tome second.
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È S P Q-Oïv

& qu’emploie l’artifte qui n’a que de l’adreffe par uneforte de charlatanerie. Le premier fatisfait les connoif-feurs , parce qu’avec peu de chofe, il leur indique cg.qu’ils lavent : le lecond charme le vulgaire des ama~teurs, qui le pique d’entendre ce qui fouvent ne ditrien , ou ce qui du moins ne dit rien de jufte ni devrai.

Je n’oferois pas dire qu’il y a de Vefpric dans les pay-fages du Titien , du Pouffin : mais c’eft le plus grandéloge qu’on puiffe accorder à un grand nombre de pay-fagiftes qui accufent d’une manière affez adroite & allezagréable ce qu’ils feroient incapables de rendre lavam-ment.

On fent que dans le petit, où' la proportion trop in-férieure à celle de la nature oblige d’indiquer leschofes plutôt que de les rendre, il faut avoir fouventrecours aux moyens qu’on appelle de Ÿefprit. C’eft uneforte de manière abrégée où le peu doit-être donné pourle tout, & ce peu doit être annoncé avec beaucoupd’art.

Le petit eft de mauvais goût, û l’on y veut mettrele rendu à la place de Ÿefprit; on y fent la peine ques’eft donné l’artifte pour rendre ce que pourtant il n’apas rendu , & ce qu’il ne devoir qu’accufer.

Vefprit fera donc fouvent emplçyé avec fticcès dans lepayfage , parce que, dans ce genre d’imitation, lesobjets font prelque toujours bien inférieurs à leur gran-deur naturelle. Pour repréfenter dans un fort petitarbre peint ou deffiné, l’écorce, les nœuds , les branches,le feuille d’un grand arbre naturel , il s’agit bien plutôtd’exprimer l’apparence générale que^ les détails de lanature , & cette fupercherie néçeffaire rentre dans cequ’on appelle de Ÿefprit.