2oS ES Q
peut tirer de l’étude & de l’examen des tfquijjes : il marefte à faire quelques réflexions fur les dangers que pré-parent aux jeunes artiftes les attraits de ce genre decompofition.
La marche ordinaire de l’art de la peinture eft telleque le temps de la jeunefîe , qui doit être deftiné àl’exercice fréquent des parties de la pratique de l’art ,eft celui dans lequel il femble qu’on foit plus portéaux charmes qui naiffent de la partie de l’efprit. C’eften effet pendant le cours de cet âge que l’imaginations’échauffe aifément. C’eft la faifon de l’enthoufiafme ,c’eft le moment où l’on eft impatient de produire,enfin c’eft l’âge des efquijjes ; aufli rien de plus ordi-naire dans les jeunes élèves, que le defir & la facilitéde produire des efquijfes de compofition , 8c rien de fidangereux pour eux que de fe livrer avec trop d’ardeurà ce penchant. L’indécifion dans l’ordonnance, l’in-correflion dans le deflin , l’averfion de terminer, enfont ordinairement la fuite , & le danger eft d’autantplus grand , qu’on eft prefque certain de féd»ire parce genre de compofition libre , dans lequel le fpefta-teur exige peu & fe charge d’ajouter à l’aide de fonimagination tout ce qui y manqua. Il arrive de-là queles défauts prennent le nom de beautés.
En effet que le trait par lequel on indique les figuresd’une efquijjè foit outré , on y croit dcmêler une in-tention hardie & une expreffion mâle; que l’ordonnancefeit canfufe & chargée, on s’imagine y voir briller lefeu d’une imagination féconde & intariffable. Qu’ar-rive-t-il de ces préfages trompeurs ou mal expliqués?l’un dans l’exécution finie offte des figures eftropiées, desexpreffions exagérées-, l’autre ne peut fortir du laby-rinthe