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reçu pour cette a&ion une partie delà puiffance de Dieumême ; un gefte, une intention lui fuffit pour opérer.Son exprefton feroit donc infuffifante , même ridicule ,s’il s’agifloit d’un homme : elle eft fublime lorfqu’ils’agit d’un miniftre de la divinité , & Raphaël a peut-être été de tous les peintres le feul capable de la trou-ver.
Comme il eft refté jufqu’à préfent le plus grandmaître dans cette belle partie de l’art, nous croyons,pour faire connoître à cet égard fes principes & fapratique , devoir tranfcrire ici ce qu’en a dit un peintrecélèbre qui l’avoit beaucoup étudié.
* L’efprit de Raphaël étoit philofophique, & ne» pouvoit être touché que des chofes qui ont quelque» expreffion. Il conçut les premières idées de Vex-* pnffion figurée en voyant les ouvrages de Maflacio,» & les cartons de Léonard de Vinci. C’eft d’après eux» qu’il confidéra la nature fous toutes fes faces , s’atta-9 chant particulièrement aux affe&ions de l’ame , & à» leurs effets fur le corps.
* Son premier foin, quand il vouloir compofer un9 tableau , étoit de penfer à Vtxpreffîon ; c’eft-à-dire ,» d’examiner, fuivant le fujet, quelles pallions dévoient9 animer les perfonnages en général -, enfuite il calcu-» loit les degrés de ces pallions, & déterminoit les per-9 ibnnages auxquels il falloit les donner ; quelles ef-
pèces de figures il devoit employer , quel devoit être9 leur nombre , & à quelle diftance de l’objet prin-» cipal il étoit convenable qu’elles fuflent placées pour» mieux concourir à l’effet général. Par ce moyen il9 concevoir l’étendue de fon ouvrage, déterminoit la» grandeur du champ qu’il devoit remplir, & les
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