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Quant à l’qxpreiïion , il eft facile de concevoir aumoins combien elles en font fufceptibles , en exami-nant , comme je l’ai dit, les bons pantomimes & lescomédiens, qui ont approfondi leur art, & mieux en-core les beaux ouvrages de l’antiquité.
Il faut convenir que les obftacles que mettent nosvêtemens à ce concours d’expreffion de toutes les par-ties qui font deftinées à la rendre plus fenûble , en ôtenten grande partie la con.noiffançe à ceux pour qui fontdeftinés. les ouvrages de l’art, de manière que ne pou-vant lesbien juger, leur indulgence entraîne fans douteles artiftes à les négliger : mais la néceflité où fe trou-vent les peintres d’hiftoire, d’offrir fouvent la naturefans voiles, les force cependant à donner aux extrémitésdes expreffions, qui trop fouvent ne font pas fondéesfur une étude affez approfondie, & qui fe trouvant oufauffes, ou foibles, ou peu d’accord avec celles duvifage, affoibliffent plutôt l’effet général, qu’elles nel’augmentent.
Ces artiftes qui, pour, repréfenter complètement la dou-leur , devroient au moins avoir fans ceffe fous les yeuxle Laocoon, ne Tentent ni affez fortement, ni .avecaffez de jufteffe , que les affrétions déchirantes doiventagir fur les extrémités en raifon du nombre de char-nières & de cordes qui s’y trouvent dans un eipacepeu étendu.. En effet, chaque doigt éprouve fa portionde la douleur qui agit fur l’origine-de tous lesmufcles,& fur le principe des efprits ; chaque nerf exprime &crie, fi l’on peut parler ainfi-, & il fembleroit quenos affections portées jufqu’aux extrémités ., redoublentde violence, parce qu’elles ne peuvent s’étendre plus,loin.