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Tome second.
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î,â hardieffe du ta& efl: un des plus grands méritesdu beau-faire. Dans la hardieffe , nous comprenons lafacilité à manier le crayon , le pinceau , l’ébauehoîf8c le cifeau. Cette facilité fuppofe la connoiffance par*faite des formes, des tons & des effets -, fahs cela ontâtonne, on roule autour du vrai. On ]e trouve à la fin ,mais ce n’eff qu’avec peine, & l’ouvrage fe reffentquelquefois de la fatigue de l’ouvrier, au lieu quel’artifte éclairé faifit fièrement & fans balancer l’ef-prit, l’ame de la nature.

La hardieffe doit être accompagnée de la netteté &de la précifion. On efl: quelquefois ébloui par unmaniement d’outil facile, les demi - connoiffeuts enfont les dupes. Ne nous y trompons pas; ces traits har-dis , s’ils font femés fans jufteffe , annoncent les écartsd’un génie libertin , qui cherche à en imposer. La fa-cilité véritablement eflrimable efl: celle qui fait paffsrfur la toile, mais avec précifion , ce que le géniein {fruit a nettement conçu.

Ce n’eft pas que la main d’un habile maître exprimetoujours fur fon ouvrage, du premier coup 8c d’unemanière infaillible , un fentiment vif & fublime. Ilefl: une certaine irréfolution qui caraélérife non fon in-capacité, mais fa délicateffe. Cette indécifion produitune multiplicité de contours habilement jettés les unsfuries autres, un favant défordre de touches, d’où,naît ordinairement certë manœuvre ragoûtante qu!entre dans le mérite dü beau faire. Telles les efqùiflesdes grands maîtres, tels les cartons de Raphaël, duDominiquin , de Carié Marate , qu’on peut regarder àcertains égards comme des compofitions ,~‘ > puifqu’ilsretracent des grouppes entiers, & fouvent plüfieurs

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