V*re. Pour peindre , il faut vivre , & pour vivre il fautgagner. Horace n’auroit pas fait fes vers s’il n’eût pasété pauvre; Fuupertas impitlit aiulax ut verjus face-fem. Peu d’hommes fe feroient conlactés à faire destableaux , des ftatues, s’ils ctoient nés dans l’opulence ;moins d’hommes encore auraient Suivi conftammen:l’inclination naturelle qui les portoit à la culture de*arts, s’ils avoient éprouvé toutes lqs diftraétiohs quedonnent les fichëfles , s’ils avoient connu toutes lesvariétés de jouiflances qu’elles procurent.
L’artîfte a befoin de vivre, mais non d’être riche.'Qu’il fe propofe l’exemple du Pouflin , qu’il air Pourbut un gaih rïiodéré & beaucoup de gloire; qu’il - feperfuade même que tôt ou tard ce font les bons ou-vrages, & la gloire qu’ils procurent, qui amènentle gain.
Mais comment fe le pérfuaderoht-ils , fi cela n’eftpas vrai ; s’ils ont le malheur de vivre dans un fiècleoù l’amour du beau eft éteint ; fi les amateurs , négli*géant les bons ouvrages, ne payent que des produélionsaulli méprifables que leurs caprices; fi tous les ama-teurs fe piquent d’être connoilfeurs, & fi leurs con- 1noiffances ne font que les erreurs d’un goût dépravé?Faux amateurs , ( & combien en eft-il de véritables'?)Vous détruifez ce que vous feignez de chérir ; vousmettez les artiftes dans la néceflité de périr de misèreou de concourir eux - mêmes à la perte du goût, enadoptant le vôtre ; vous confaerez vos richeffes à dé-grader les talens ; & par vous , le gain eft la récom-penfe de ceux qui contribueront avec le plus defuccès à la dégénération des arts. ( Article de Mi Lz-pESQU.E. )
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