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Tome second.
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qu’il eft obligé de bien lavoir. S’il a une profondeconnoifîance des formes, il mettra de l’aifance dant;l'on delfin -, s’il a une grande habitude de peindre, ilaura un pinceau facile; s’il pofsède bien la théorie deseffets , il ne fera pas gêné pour les rendre.

L’air de facilité peut accompagner l’ignorance,parce qu’elle marche témérairement fans connoîtremême les dangers. Elle n’en fait pas affez, pour favoirque quelque chofe peut être difficile à faire. La gênepeut accompagner la demi-fcience, pareeque l’artiflefent à-pçu-près ce qu’il faudrait faire , & qu’il n’a pasafTez de théorie ou de pratique pour l’exécuter.

La gêne que l’on remarque dans les ouvrages dequelques uns des plus grands maîtres ne pourrait ferviraujourd’hui d’exeufe à ceux qui manqueraient de faci-lité. Ces grands maîtres avoient au moins la plus grandefacilité de delfin. Zvfais la manœuvre étoit encore naif-fante : on la cherchoit plutôt qu’on ne la poffédoit.On n’avoit encore des exemples de rien , il falloit toutdécouvrir, & il étoit impoffible que le même hommetrouvât toutes les différentes fortes d e faire, propres àrendre tous les objets différens qu’offre la nature. Maisaujourd’hui. tout eft inventé, on a des exemples mul-tipliés de tout; une foule de maîtres s’eft diftinguéepar les feules parties qui conftituent la manœuvre del’art, & l’on ne doit plus éprouver., dans des opéra-tions tant de fois pratiquées, la gêne où fe trouvoie-ntles inventeurs.

Mais permettons, s’il le faut, à quelques artift-esd’avoir dans la manœuvre de l’art, la même gêne queles contemporains de Raphaël; nous aurons le droitalors {l’exiger d’eux qu’ils aient ayfli la même fçiçnsq