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àorm,ent ou s’énervent avant l’âge de leur véritableforce.
D’une autre part, lorfque l’on s’arme-cont-e le petitnombre des hommes qui annoncent du génie., on ca feà leurs âmes des peines dont l'amertume en altère fou-vent le germe.
C’eft la foule des talens avortés qui s’élève fur-toutçontre ceux qui atteignent les grandes proportions; &le public qui defire fi ardemment les beaux ouvrages,des arts , ne femble cependant accorder qu’à regret unprix à des chefs-d’œuvre dont, par cette injufte fevé-rité, il paroîrroit vouloir fe priver contre fon propreintérêt.
Quant à cette injustice, il relie au moins à ceuxqui l’éprouvent un appel à la poliérité, & pour confo-lation, un fentiment intérieur de leur mérite , qu’il nefaut pas confondre avec la fotte préfomption. Qu’onle nomme, fi i’on veut, noble orgr.e’l ; mais il n’ellpas plus blâmable dans les hommes de génie , que laçonfcience de la vertu dans les hommes vertueux.
Au relie le plus grand danger des louanges antici-pées eft pour les jeunes talens ; car s’ils font profon-dément attaqués par le poii’on des louanges prématu-rées dont l’effet pernicieux eft prefque inévitable,ils fuccombent tôt ou tard comme je l’ai dit, ou tant;qu’ils exilient, ils confervent des marques fenfibles dumal dont ils ont été frappés.
Faut-il donc retenir un fentiment dont on peut êtrealfeâé de bonne foi, & refufer de donner des encou-.ragemens par lefquelson penfe fincèrement aider auxfuccès des jeunes talens ? Oui fans doute l’on devroits’y refufer fou vent, ou du tncins s’impofer une cit-