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Mais c’eft fur - tout lorfqu’on parle des arts & dèicalens qu’on prodigue plus libéralement le mot génie -,
Un jeune Auteur compofe-t-il des vers avec facilité?L’efprit fe fait-il appercevoir dans fes produétions pré-coces ? Y remarque-t-on de la fineffe ? S’éloigne-t-ellemême du naturel & de la fimplicité ? On affigne à cejeune auteur le don du génie de laPoëfie. Quelquefoispour être placé parmi les hommes de génie., il fuffit,au poëte defavoir lire d’une manière féduifante fes versbarbares : mais ce grand homme éphémère , meurt àl’in fiant même où fes ouvrages paroiffent au grand jour ,& le lilence de ceux qui lui ont décerné la couronnedu génie fe confond avec le filence public.
De même un artifte montre-t-il quelques heureufesdifpofitions ? Fait-il même avant de favoir delîiner descroquis où le feu de la première jeuneffe fe montre ?( Et s’il étoit froid à cet âge ; que feroit-il ? ) Ons’écrie qu’il a un talent marqué , & qu’il eft né peintre.Un fculpteur , un muficien compofiteur, un architeéle ,font ainfi proclamés fur des elfais, comme grands hommesfuturs. On a un plaifir , trop fouvent malin , de prédire-des fuccès qu’on oppofe d’avance à des talens dont la-célébrité importune. On laiiTe à l’envie qui ne meurtpas, le foin de difputer lorfqu’il en fera tems, à cesnouveaux athleces , les lauriers dont on les couronne.
Ce manège de la foiblefle humaine eft peut-être plusfréquent & plus fenfible chez une nation vive , même-légère , que parmi celles qui font moins changeantesdans leurs affeétions ; mais il ne met que plus d’obf-tacles aux progrès, & n’offre que plus de dangers àceux qui fe confacrent aux arts.
En eftet, ft l’on. enme. les jeunes talens, ils s’en*