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Tome second.
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G È N 35$

fUoins celles qu’on doit regarder comme les plus carac-tériftiques, du génie dans l’art de la peinture.

Le caraétère d’originalité peut, à ce-que je penfe,obtenir un des premiers rangs, & ce caraâère eft in-finiment rare , ainfi que le vrai genie ,

En effet il eft non-feulement* difficile, mais encoreprefque impoflible que les artiftes , en concevant lesidées des ouvrages qu’ils entreprennent, ne donnentpas accès à tout ce qu’ils ont vu ou étudié qui aitquelque rapport à l’objet dont ils s’occupent. On doitdonc regarder ncn-feulement comme tare , mais commefuraaturel en quelque forte, la faculté de trouver enfoi & tout foui (pour m’exprimer ainfi) des manièresnouvelles d’imaginer un fujef, des conceptions enfinqui n’ayent aucun rapport fenfible à rien de ce qui s’eftproduit , & qui ne paroiffent pas être une fimple exten-fion , ou une combinaifon de ce qui exiftoit déjà.

Cette marque de génie eft extrêmement rare ; ellerfeft pas facile à reconnoître à caufe des imitationsplus ou moins détournées & plus ou moins cachées.Dans tous les objets, dans tous les genres, elle diftinguaréellement bien peu d’artiftes, bien peu d’auteurs, &l’on peut encore afpirer au nom d’homme de génie fanspofféder ce don fi rare.

Le premier peintre de nos fiècles modernes , Raphaël,a peut-être moins de fignes de cette originalité degénie que Rubens , & le Tintoret.

Il en réfulte que quoique le génie foit la partie laplus brillante dans les arts, quoiqu’elle fe falTe fentirexprefTément dans l’originalité, elle ne peut élever unartifte au premier rang fans le concours de pîufieursautres parties & que le concours de ces parties ; effen-