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’fuppîéer à ces qualités par un foin extrême & la plusgrande netteté dans, l’arrangement de fes tailles , neferoit qu’une gravure froide & infipide , & tout en ad*mirant fa patience, les véritables connoiffeurs ne pour®roient s’empêcher d’avoir pitié de fon peu de goût, &de regretter un temps fi maladroitement employé. C’eftce qui arrive quand on examine les eftampes de Jé-rôme Wierix, & de quelques graveurs Allemands fiprécieux & fi froids, & lorfqu’on les compare aveçpelles de Henri Goltzius & de Gérard Audran. Quel-que foin que l’on prenne , quelque précieux que foitle travail, fi on manque de fentiment & de génie, onne fera jamais qu’un artifte médiocre. C’efi: ainfi qu’eqpoéfie , avec tout le l'avoir poffible, & la plus ftriélgobfervation des règles de la verfification , un hommçfans génie ne peut jamais être un Shakefpéar, uftMilton, un Voltaire,
Nous ne (aurions trop appuyer fur ces obfervatlonadans un temps oà le public , entraîné par un faux goût ,femble ne demander autre chofe dans la gravure qu’uq,travail très-foigné, & ne s’embarraffe plus du deflln ^de l’effet & du véritable talent. Elles font néceffairesaux jeunes graveurs pour les détourner d’une routeauffi pernicieufe. Les fuccès inconcevables de quelqueseftampes modernes , qui n’ont d’autre mérite que d’êtrqextrêmement terminées, pourroient les féduire ; cefera donc pour eux principalement que nous infifteronpencore fur la grande différence qu’il y a entre uneeftampe très-foignée & une belle eftampe favammentterminée. Dans la première , on ne trouve que cetteexécution fervile & purement méchanique qu’on peut^çquérir avec le temps 8c la patience 5 l’arrangemeijj