Band 
Tome second.
Seite
630
JPEG-Download
 

6KÏ &£

feulement en gnfaille ; le modèle du plafond de Mi-gnard au Val-de-Grace , qui fe voit à l'Académie dePeinture , efl peint en grifaille. Ce qui défîgne que lescouleurs locales n’y font point indiquées , & que leton eft gris.

a". Nous entendons aufli par grifdille ce que les Ita-liens entendent par chiaro.■ fcuro , méthode employé®ordinairement dans les frifes & dans les panneaux defoubaffement des ordres d’architeéture. On en voit decette forte au Vatican , peints la plupart par Polidorede Caravage. Ce font des tableaux de couleur grife simitant imparfaitement les bas-reliefs de pierre ou demarbre. Je dis imparfaitement ; Gar les tableaux imitansles bas-reliefs font fufceptibles de tons variés, foit danslès clairs , foit dans les ombres ou dans les parties re-flétées ; au lieu que le tableau n’eft qu e grifaille quandil eft fait feulement avec le blanc 8c le noir. Nous nefaifons de diftinâion entre les deux fortes de grif ailles^que J)arce que l’une s’employe pour des efquiffes, &l’autre dans des tableaux terminés de cette couleur.Toutes deux font des ouvrages nuis de coloris , où l’onn’a voulu exprimer que le clair & l’ombre, chiara-fcuro , d’où il n’eft réfulté qu’une tein'e grife; car,encore une fois , fi un artifte tant foit peu habileavoit intention de rendre la pierre ou le marbre ;l’ouvrage alors devroît être plus recherché dans l’art decolorier , ce ne feroit plus une grifaille ; mais un pan-neau peint d’un ton de marbre , une ftatue en couleurde pierre , &c.

Nous avons cru devoir Infifter fur la lignificationprécife de ce mot gnfaille, parce que plulieurs écri-vains s’en font feryis indifféremment pour exprimer c s.

R r iȔ