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nirc feroit fujet à conteftation ou n’exifteroit pas, &l’ufage de groupper feroit moins autorifé. Mais la né-ceflité où nous fommes de n’appercevoir, de ne fentir,de ne penfer qu’un feul objet à la fois, nous obliged’établir ce principe d’unité auquel nous fommes aftreints-,& c’eft pour s’y conformer que l’artifte qui traite unfujet, ralfemble le plus qu’il lui eft poffible, les objetsdont il fouhaite que le fpe&ateur s’occupe & jouiffe.L’ufage de former des grouppes eft donc pris dans lanature, quoiqu’il fp rencontre peut-être rarement que ,dans l’a&ion réelle que le peintre choifit pour fujet defon tableau , les objets aient été ralfemblés & unisprécifément comme il a intérêt de les unir & de lesraflembler. Mais en juftifiant aux artiftes une formede compofition dont la plupart ne fe font peut-êtrepas rendu un compte bien exaft , je leur obferveraique l’on aabufé, & que l’on abufe encore de l’ufageoù l’on eft de groupper , & que les conventions aux-quelles on femble avoir fournis cette partie de lacompofition , peuvent entraîner une école entière à desdéfauts eflentiels.
C’eft principalement dans le genre héroïque de lapeinture qu’il eft effer.tiel d’approfondir de quelle con-fidération l’ufage de groupper doit être pour les ar-tiftes. Dans un tableau d’hiftoire , le but principal dupeintre eft de fixer les yeux du fpeâateur fur l’objesle plus intéreffant de la fcène. Deux moyens principauxs’offrent pour cela; Ÿeffet & Vexpreffïon : il eft maîtrede l’un , il n’a aucun droit fur l’autre.
Vexpreffïon eft indépendante de l’artifte , puifquela nature, d’une jufteffe invariable dans les mouve-rnens , ne laifle rien au choix du peintre, & qu’ils’égare dès qu’il la perd de vue.