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Tome troisième.
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plus de jufteffe & infiniment plus de goût, que dan#celui qui copie fervilement la nature comme elle ferencontre fous fes yeux. Et voilà ce qui conftitue legrand ftyle , le ftyle propre à l’hiftoire. Remarquonsen paffant que, par rapport aux formes & aux propor-tions , le fculpteur eft aftreint aux mêmes loix que lepeintre d 'hiftoire.

Mais, dira-t-on, de très-grands artiftes n’ont pasconnu ce choix de formes, & leurs ouvrages n’en fontpas moins très-précieux. Vaine objeétion. Les artiftesqu’on cite pour exemple , n’ont pas été de vraispeintres d 'hiftoire , ou bien s’ils tenoient à quelqueségards à cette claffe, c’étoit par la poëfie & la grandeurde leurs compofitions , & par la fimplicité & la forcede .leur coloris. Car le ftyle hijlorique embraffe toutesles parties de l’art ; & l’on place , par indulgencedans la claffe de \'hiftoire , des ouvrages où ce ftyle nerègne que dans quelques parties, pourvu du moinsqu’elles foient capitales.

D’après la thèfe que je viens d’établir, un homme 'inftruit , en voyant le très-beau tableau du cabinetdu Roi, représentant les vendeurs chaffés du temple ,ne rangera pas Jacques Jordaens au nombre des pein-tres d’ hiftoire. En effet, la compofition de ce tableau ,eft tellement embarraffée d’objets accumulés les unsfur les autres , que , fans une figure qui offre à-peu-près le caraâère convenu pour celles du Chrift, ilferoit impoflible de découvrir le fujet. Cette figureelle-même eft dans une attitude fi baffe & fi gauche,qu’on doute de fa dénomination & de fon aélion. Lesautres figures du tableau vêtues à la flamande, dansles attitudes les plus triviales, & fous les formes les