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Tome troisième.
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tons dans-la chair tendent un peu au vermeil, à delégers bleuâtres, à des grifâtres argentins , ils les ontrendus plus fenfibles, comme pour les indiquer auxfpeélateurs, & leur faire fentir le fiavoir qu’il, y a àles découvrir, & à les rendre avec tant d’art; c’eûtété paffer le but, fi ce but confiftoit fimplement dansVillufion.

Les oppofitions de couleur , de lumière & d’ombresferaient encore fuperflues dans cette fuppofition, carla nature eft toujours vraie, fans tous ces moyens dela rendre plus piquante. Ces fuppreffions de certaineslumières, que la vérité donneroit, & que l’art éteint,pour augmenter l’harmonie ou l’effet, feraient autantde défauts blâmables, quelque plaifir qui pût en ré-fulter.

Ce n’eft pas cependant qu’on prétende approuver cescouleurs fa&ices qu5 ne font en effet que le romande la peinture. Ce qui s’éloigne abfolument de la vé-rité , eft toujours repréhenfible. Mais c’eft encoreune preuve qu’il y a, dans cet art, des beautés in-dépendantes de l’exafte imitation du vrai. Et puifquefouvent ces romans pleins de faufletés , mais agréables,plaifent à l’oeil même du connoiffeur, il en faut con-clure que c’eft la réunion de plufieurs de ces beautésétrangères à Villufion , qui force en quelque manièreà pardonner le défaut d’apparence de vérité.

L’une des plus grandes beautés de l’art, qui a encoremoins de rapport avec Villufion , puifqu’elle n’a pasmême de fondement dans la nature , & qu’elle eftuniquement l’effet du fentiment qui meut l’artîfte enopérant,, c’eft cet art dans le travail, cette sûreté,cette facilité de.maître, qui fouvent fait toute la diffé-