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L’invention , dit M. Reynolds, eft une des plusgrandes qualités caraâéri.liques du génie -, mais fi l’onconfulie l’expérience , on trouvera que c’eft en fe ren-dant familières les inventions des autres qu’on apprendà inventer foi-même , ainû qu’on s’habitue à penfer enlifant les idées d’autrui.
C’efl: avoir fait un grand pas dans la carrière del’art que d’être parvenu à former affez fon goût pourconnoître &c apprécier les beautés des produ&ions desgrands maîtres ; car la feule confcience de ce goûtqu’on aura pour le beau, fuffira pour élever l’efprit, &l’affeéler d'un noble orgueil , femblable en quelqueforte à celui qu’il pourroit concevoir s’il avoit pro-duit lui-meme les objets qu’il admire. Notre efpritainfi vivement échauffé par le contaâ de ceux à quinous voudrions reffembler, acquerra immanquablementplus ou moins de leur manière de penfer , tk recevraquelques étincelles de leur feu & quelques rayons deleur éclat. Cette difpofition à prendre involontairementl’air & les manières de ceux avec qui nous vivons,difpofition fi forte dans l’enfance, nous la confervonspendant toute notre vie , avec ce'te feule différenceque, dans la jeunefTe , l’efprit eü plus fouple & pl uScapable limitation , au lieu que , dans un âge pinsavancé, il devient plus dur & demande à être échauffe& amolli avant qu’il puiffe .recevoir une impreflïo»profonde.
Les conceptions des grands maîtres doivent non*fervir d’aliment à tous Je's âges. Elles ne font pas feu-lement une nourriture propre à notre jeunefTe, maisencore une fubftance capable de donner de la vigue utà notre maturité. L’efprit humain peut être compare 1
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