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foêiae de faire de légères efquiffes des chofes remar-quables qu’il trouvoic dans les antiques ; ce qu’il nofaut entendre cependant que des antiques inférieuresqui lui fourniffoient des objets intéreffans pour le cof-tume. Il difoit fouvent que c’eft en obfervant leschofes qu’un peintre devient habile, plutôt qu’en fefatiguant à les copier. Mais s’il a peu copié , il abeaucoup imité.
S’il ell dangereux de fe rendre copifte ou mômeimitateur fervile, il faut convenir que c’eft à l’int/-tation bien entendue que l’art doit fes progrès, puis-qu'on doit reconnoitre que fi les artiftes n’avoient pasmis à profit les découvertes de leurs prédéceffeurs,l’art feroit toujours demeuré dans l’enfance de la bar-barie. Un maître a détruit la roideur des formes, unautre la fécherefle du pinceau, un autre la fymmé-trie gothique de la compofition : fl ces maîtres n’a-voient pas eu d’imitateurs , ces défauts dégraderaientl’art encore aujourd’hui comme du temps de nospères.
limitation eft non-feulement utile dans les premierspas de la carrière, elle l’eft dans tout le cours de lavie. Sans elle, l’imagination, livrée à elle-même,s affoibliroit, tomberait dans la langueur , & ne feroitque fe promener dans le cercle qu’elle aurait déjàparcouru. Mais par Ÿimitation, on varie fes concep-tions, & i’ on parvient môme à leur imprimer le ca-taûère de l’originalité. Que cette imitation libre ,otl ginale, créatrice, prenne le titre d’émulation;
fera toujours l'effort d’un artifte pour prendredans fes rivaux exiftans ou partes, les qualités qui lesdiftinguent & qu’il veut furpafler encore.
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