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ce fini exceflif ; mais les artiftes tiennent toujours plusou moihs à leur fiècle, & tout ce qu’ils peuvent faire,c’eft d’outrer ce qui eft en ufage. Le fini exceflif deProtogenes fentble prouver qu’un fini froid étoit d’ufagede fon temps. Il fut enfin regardé comme l’un des plusgrands peintres de fon fiècle : fa manière n’avoit doncrien dont on fût très-choqué.
On admiroit encore les lignes d’Apelles & de Pro-togenes du temps de Pline : faut-il en conclure que,du temps de Pline , on faifoit confifter dans l’extrêmefineffe du pinceau le plus grand mérite de la peinture ?Je ne crois pas cette conféquence néceffaire. Il fuffitque ces lignes enflent été admirées du temps d’Alexandre,pour qu’elles le fuffent encore du public du temps deVefpafien. Pline étoit du nombre des admirateurs-, maison fait qu’il n’étoit pas grand connoiffeur , & il pouvoitbien partager l’admiration publique , fans favoir bienprécifément pourquoi il admiroit. C’étoit un amateur,& les amateurs font fort fujets à fe paffer, en quelqueforte , l’admiration de main en main. L’O du Gioton’étoit qu’un tour d’adre rt », comme la ligne d’Apel-les , & fi cet O exiftoit encore, & qu’il fût expofédans une vente, je fuis sûr qu’il feroit pouffé à untrès-haut prix. Les connoiffeurs favent cependant au-jourd'hui ce qu’ils doivent penfer de l’O du Gioto.
De Piles, dans fes Vies des peintres , a changéles lignes d’Apelles & de Protogenes en des contoursfins 8c corre&s : c’eft altérer l’Hiftoire ; c’eft traveftirune hifloire ancienne par un coftume moderne. Plinefeul nous a confervé le fait -, il l’a expliqué claire-ment ; c’eft donc lui qu’il faut fuivre, & puifqu’il eftclair j il ne faut pas l’interpréter. En le permettant