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Tome troisième.
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lit, parce qu’elles forçoient le vaiffeau à demeurertranquille comme dans un lit. Ce nom refta aux vé-ritables ancres, quand elles furent inventées -, mais onles nomma plus communément ancura de leur formecourbe & crochue. Ce mot ne fe trouve pas dansHomère, apparemment par ce que la chofe elle-mêmen’exiftoit pas encore. Il fe trouve dans le poëme desArgonautes du faux Orphée ; mais il faut croire quec’eft un anachronifme échappé à l’auteur, & qui peutfervir à dévoiler fon impofture. Ën effet, s’il eût étéle compagnon des Argonautes , il n’auroit pu nommerce qui n’exiftoit pas de leur temps, & ce qui mêmeprobablement n’exiftoit pas encore du temps d’Homère.

Les arts contribuoient à l’embelliffement des vaif-feaux ; on les ornoit de peintures , de bas-rsliefs, deftatues. De célèbres peintres de la Grèce avoient com-mencé par être peintres de vaiffeaux, comme cheznous le Puget a commencé par orner de fculptures lesvaiffeaux de Marfeille.

Comme les navires des anciens étoient peu confi-dérables , ils étoient aifément conftruits, & l’on enavoit un grand nombre. Les Grecs alliés conduifirentdouze cents voiles contre la puiffance de Priam. Laflotte de Xerxès, à la bataille de Salamine, étoit deU07 trirèmes, fans compter les bâtimens inférieurs;& celle des Grecs, qui fut viâorieufe , étoit de 378vaiffeaux fans compter aufli les petits bâtimens. Desétats médiocres avoier.t en guerre plus de vaiffeauxque n’en armeroit aujourd’hui la France & même l’An-gleterre.

La conftruftion étant imparfaite , les naufragesétoient fréquens. Un partage de Ménandre, confervé

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