î l 421
tytiême avec orgueil, parce que le brigandage exige■de la valeur.
On s’tnformoit peu fi les exploits guerriers étoidntfondés fur la juflice, pourvu qu’il nmoignaffent du■courage : on defigna l’homme vertueux, l’homme excel-lent par le mot arifl&s , &. cemo: é.oi; fotmé du nomque les Grecs donno:enc au dieu de la guerre : ils■l’appelloient Arcs-, ce fur suffi de l'on nom que vint-le mot Areté, qui figniiieir la vertu.
On vit donc les héros punir quelquefois les brigands,& quelquefois s’honorer d’être brigands eux-mêmes.Toute la Grèce, dit Thucydide, ctoit toujours enarmes , parce qu’il n’y avoit de furfetc ni dans le*'maifons, ni fur les chemins. On ctoit armé pourattaquer & pour fe défendre , pour faire le brigandage& pour le repouffer. Le prix du vainqueur ércitordinairement d'emmener les troupeaux de bœufs desvaincus, & les vaincus à leur tour chcrchoient àporter le ravage chez les vainqueurs. Si Théfée fîtla guerre à PÎrithoûs, c’efl: que celui-ci lui avoit en-levé des bœufs.
Dès qu’on ofa fe hafarder fur la mer, on exerçala piraterie. Le nom de pirates n’avoic rien d’ecieuxdans fon étymologie; H fignifioit feulemenc un faifeurd’eüais , de tentatives. Il ne l’étoir pas non plus en lui-même : on demandoit fans împolitefie â un étranger quiabordoit fur un rivage, s’il ctoit voyageur, ou mar-chand ou pirate.
La guerre fe fit fouvent pour des femmes enlevées :l’enlevement d’Hélène arma la Grèce contre la Phrygie.La ville de Troye fut prife & rer.vcrfce apres dix ansde ftège , pour punir le raviffemenr d’une femme, quiTome 111. X