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Camp, Poly’ae dans fon livre fixième , & Hyginont foigneufement décrie les camps des Romain». Lepremier de ces auteurs a été traduit en françois , 8cles artifles pourroient, au befoin , ie confiilter : maisils chercheront peu à donner une repréfentation dé-taillée d’un camp , qui n’offrant que des lignes paral-lèles , eft loin d’avoir un afpeét pittorefque. Cepen-dant, comme ils peuvent du moins être obligés derepréfenter la vue d’un camp , ils doivent avoir quel-qu’idée de fa conftruûion.
Les Romains, dans les premiers temps de la républi-que , & lorfqu’ils n’avoient affaire qu’aux peuples dal’Italie, connoiffuient peu l’art de camper: ils l’appri-rent de l’un de leurs ennemis, de Pyrrhus, 8c puif,qu’ils eurent un Grec pour maître , on peut croiraque leurs camps différoient peu de ceux des Grec^jCependant les derniers ne donnoient point à leurscamps une forme fi régulière, 8c au lieu d’en creufet'les fortifications ils cherchoient à profiter de cellesque leur offroit la nature. Ainfi leurs camps chan-geoient de forme fuivant le terrein, au lieu que ceuxdes Romains fe reffembloient tous, & qu’un foldat qui«voit habité un camp , favoît précifement où feroic,placé fon logement dans un autre.
Quand il ne s’agiffoit de camper que pour untemps fort court , deux lignes de l’armée reftoient)en ordre de bataille, & la troiftème étoit commandés:pour creufer les retranchemens. Ils confifloient enunfoffé, large de cinq pieds, fur trois de profondeur,fa terre rejettée du côté du camp y formoit un rempart,qu’on revétoic de gazon, & qu’on fortifioit par de*■paliflades.
Tome 111 , X