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Tome troisième.
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dans l’ufage où la force eft unie â la légèreté ; tellesqu'elles ne font plus dans l’âge où la force eft dueplutôt au poids qu'à l’adrefle & à la vivacité. Ellesmontrent enfin un adolefcent capable d’exécuter degrandes choies, & de les exécuter d’autant plus fû-rement , qu’elles peuvent être faites avant d’êtreprévues.

L’Apollon du Belvedere femble planer fans toucherla terre. Cette vîtefle de la marche, femblable, enquelque forte, à la légéreté du vol, les Grecs en fai-foient un des cara&ères de la nature intelleélueile &divine. Homère compare la vîtefle de Junon à l’imagi-nation d’un homme qui , dans un feul inftant, par-court en efprit tous les pays lointains qu’il a vus. Ilcommunique cette vîtefle à ceux de fes héros qu’ilveut le plus élever au-deflus de l’efpèce humaine ordi-i naire ; ainfi le fils de Thétis eft Achille aux piedslégers. Les Grecs mettoient tant de prix à la légéretédes pieds, qu’ils défignoiene métaphoriquement parelle des qualités qui n’y avoient aucun rapport. C’eftce dont Efchyle nous offre un exemple dans fa tra-gédie des Sept devant^Thèbes : pour peindre le regardvif & perçant de Laftenes, il lui donne un regardaux pieds légers.

La tête de l’Apollon du Belvedere eft moins mena-çante , qu’impofante & majeftueufe : la colère, qi»dégrade les traits de l’homme, laifle régner la férénitéfur le front du Dieu ; elle ne fait qu’ajouter à la beautede fes traits le cara&ère impofant de la majefté. Il vafrapper ou le fcrpent Python , ou les enfans ndâles d«l’orgneilleufe Niobé : mais c’eft un Dieu qui punit,£c non un homme qui fe venge. Sûr de fa viô°i re > ^