M Y T 543
petits à la manière des femmes & l’autre à la manièredes jumens. Elle repréfentoit par la partie inférieureune belle jument indomptée de Theflalie; &, par fapartie fupérieurc une femme de la plus grande beauté ;mais les oreilles reflèmbloient à celles des fatyres. Lapartie féminine s’unilfoit à celle de jument par unpartage doux & infenfible.
Le cabinet d’Herculanum possède le tableau d’unecentaurefle; elle porte une jeune bacchante, qu’elleaffermit fur fa croupe en lui partant la main droite fousle bras. Ses oreilles font pointues comme celles d’unejument ; mais aflez petites pour ne pas rendre fa têtedifforme. C’étoit vraifemblablement de femblables oreil-les qu’avoit la centaurefle de Zeuxis, &: que Luciencotnparoit à celles des fatyres.
Le grouppe d’Herculanum eff plein de grâce dansfon heureufe fimplicité. Cependant les auteurs de ladefcription de ce cabinet accordent la fupériorité, aumoins pour l’exécution , à un autre tableau qu’il*croyent de la même main ; & qui repréfente aufli unecentaurefle. D’une main elle tient une lyre , de l’autreelle joue de la cymbale avec un fort jeune adolefcent.L’éloge qu’on donne à ce morceau peut être mérité :mais la gravure prouve qu’il cède à l’autre par la com-pofttion moins heureufe & moins vraie. On ne voitpas comment le jeune homme peut fe tenir fans tombéefur la partie antérieure de la centaurefle. On dit quela*carnation blanche de la femme fe détache avecdouceur fur le poil blanc de la jument, ce qui fup-pofe de l’intelligence de couleur.
Cjèrés, Winckelmann obferye que les villes de