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ftmble croire que les artiftes s’aftreignoient à les oB-*ferver même dans ceux de leurs ouvrages qui fefapportoient à ces temps anciens où des loix de con-vention ne contrarioient pas encore les loix de lanature. C’eft que l’artifte, oblige de faire un choixentre les plus belles formes , fe trouve réduit à uncertain degré d’expreffion, pour ne pas dégrader, parla peinture des affeélions violentes , les beautés de laConfiguration. Il donne, pour exemples favorables àfon principe, deux célèbres monumens de l’antiquité,dont l’un offre l’image de la plus grande terreur, &l’autre, de la plus grande fouffrance; la Niobé & leLaocoon.
Les filles de Niobé font repréfentées dans cet en-gourdiffement des fens qui ravit à l’ame jufqu’à lafaculté de penfer, &: que caufe la préfence d’unemort inévitable. La mère touche à ce moment où lafable fuppofe qu’elle fut changée en pierre , c’eft-à-dire au moment où elle fut frappée de cette fhipeurqui reflemble à la privation du fentiment. Cettefupprefïïon de fentiment & de penfée altère peu lestraits de la phyfionomie, & permettoit à l’artifïed’imprimer à fon monument le cara&ère de la plusîiaute beauté.
» Laocoon efl l’image de la plus grande douleur» qui puifTe agir fur les mufcles, les nerfs & les veines.» Le fang en effervefcence par la morfure des ferpens» fc porte avec rapidité aux vifeeres, & toutes les» parties du corps en' contention expriment les plus>j cruelles fouffrances; artifice par lequel le fîatuairçv a mis en jeu tous les reflorts de la nature, & a fait» connoîtrc toute l’étendue de fon favoir. Mais dans