tablettes de buis; aptes avoir couvert la tablette d’uneétude , on la nétoyoit pour y faire une étude nouvelle,& les éleves n’avoient pas le plaifir de conferver leursdeflins, comme ils peuvent le faire depuis l’inventiondu papier. L’arc de la peinture conferva la gloire quePamphile lui avoit acquife ; il n’y eut que des in-génus qui puffent l’exercer , & enfuite que des gensde la condition la plus honnête ,• il fut toujours in-terdit aux efclaves ; il étoit réfervé aux Romains dele dégrader en le faifant exercer par des mains fer-viles. Cet ufage fit perdre, fans doute, quelques bonsartifies qu’auroit pu fournir les dernières claffes de laIbciété : mais il en réfulta un avantage ; c’eft que lapeinture n’étant une profeffion honorable & lucrativeque pour ceux qui l’exercent avec diftin&ion., cetart ne fut pas dégradé chez les Grecs par la miscred’une foule de peintres fans talent. Ceux qui avoientfait fans fuccès les premières études de cet art l’aban-donnoient, parce qu’il n’étoit pas leur feule refiburce.
Pamphile traita des fujets de grande machine, telsque le combat de Phliunte & la viéloire des Athéniens.-Il peignoit à l’encaulîique.
(17) Aristide de Thebes, éleve d’Euxénidas,devoit être à peu-près de l’âge de Pamphile, & vécutaffez pour être témoin des fuccès d’Apelles. Il fe diftin-gua par i’expreffion , & fut le premier de tous les ar-tiftes pour bien peindre les affections & les troublesde l'ame. Il repréfenta, dans le fac d’une ville , unenfant- qui fe traînoit vers la mamelle bleflee de famère mourante ; il reftoit encore à la mère affez defentiment pour qu’on s’apperçûc de la crainte qu’elleTome IV. G