P E ï 14 f
partie du clair-obfcur, & de la perfpeéïive aerienne •»celle que portedoit fi bien le Corrége ; celle qui faitque les objets femblent s’arrondir & qu’on croit pou-voit promener autour d’eux : elle eft dâe à unejufte dégradation, favamment proportionnée a la dîf-tance -, elle eft dâe à l’intelligence de la nature del’àir, corps diaphane- qui s’imbibe dè lumière , & qui,partant entre les corps, la leur communique mêmedans les endroits que les rayons direéts ne -peuventfrapper.
tes anciens n’ignoroient pas la perfpeéïive linéaire.Yitruve nous apprend qu’elle étoit connue dès le tempsd’Efchyle & qu’on en faifoit ufage pour les décora--tîons. Parrhafius trouvoit fans doute qu’elle étoicnécertaire aux peintres puifqu’il vouloit qu’ils ap—priflent la géométrie : mais qu’avons-nous befoin deces témoignages , lorlque nous avons fous les yeux desvues , des fabriques peintes à Herculanum qui font en-,perfpeéïive V
En- un- mot il eft démontré par les belles ftatuesantiques, que les peintres Grecs pou voient être très-favansdans le dëlfin & dans l’éxpreffion, 8c porter la beautéjufqu’à l’idéal 1 . Quant aux autres parties de l’ârt, il eftprouvé par- ceux de leurs ouvrages qui nous reftent,qu’ils en portedoient au moins liiffifamment le plus grand 1nombre, & il eft probable que les autres ne leur étoientpas étrangères. Comment donc ôferiôns-nous prétendrequ’ils étoient inférieurs aux peintres modernes ? N'e pour-rions-nous pas même foutenir avec avantage que , s’ilsleurs cédoient en quelques-unes des parties les moins-importantes , ils leur étoient cependant en effet lu,-*périeurs ? ( Article de M. I.evesque).
K ii|.