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Se fon temps, & acquit de très-grandes ncliefies. Iltravailla furtout pour les églifes & pour les couvens.Son avarice étoit extrême, mais en même temps fapaffion pour fa femme étoit fi violente, 'qu’il ne luiàvoit rien refufer, & portoit même jufqu’à la pro-fufion les dépenfes qu’il faifoit pour elle. La précau-tion qu’il avoir de porter toujours avec lui à la cam-pagne la caffette qui renfermoit fon or, fut un aver-tifiement 8 c un appas pour les voleurs qui la lui en-levèrent. La douleur qu’il éprouva de cette perte,ne lui permit pas d’y furvivre longtemps : il mouruten 1514 à l’âge de 78 ans , peu regretté de fes.émules,.dont fon orgueil lui avoit fait autant d’ennemis.
Quoiqu’il confervât quelque- chofe de la roidèur &de la féchereffe gothique, il mérite des éloges parla précifion avec laquelle il imitoit la nature, par lafimplicité qui caraétérifoit fes ouvrages, par une cer-taine grâce qu’il donnoit à fes figures. Il fuffit à fonéloge de dire qu’on trouve en lui le germe de quel-ques-unes des qualités qui diffinguèrent Raphaël ;mais indépendamment des défauts qu’il tenoit de fontemps, la nature ne lui avoit pas accordé le géniequ’elle a prodigué à fon illuftre élève.. Sa couleur étoitafTez bonne pour le fiècle où il vivoit; une grande pra-tique lui avoit donné de la facilité ; fes couleurs a voientde l’éclat, & fon pinceau de la propreté. Trop peu degradation dans les plans, trop d’uniformité dans lèstons, prouvent qu’il connoifloit peu le clair - obfcur& la perfpeélive aerienne. Ses tableaux font d’un finiprécieux : on ignoroit encore l’art d’imiter la naturePar de favantes indications -, on la rendoit avecunfcru-pule qui avoir quelque chofe de feryile. C’étoit un.
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