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phaël lui - même, à l’âge de vingt ans , entreprit levoyage de Florence pour les étudier : ces modèlescontribuèrent à lui faire abandonner la manière sèche& mefcjuine du Pérugin. Léonard, comme les pein-tres Grecs, étoit ennemi de la confufion , & pourl’éviter, il n’introduifoit , comme eux, dans fes ta-bleaux, que les figures qui étoient abfolument né-ceffaires à fon fujet ; exemple qu’ont l'uivi les écolesqui .fie fiont diftinguées par un carafière de l'ageiTe.Comme il n’eut pas le bonheur de connoître l’an-tique , il efl: bien excufable de ne s’être pas élevéau-deffus de la nature qu’il avoir fous les yeux : ilfie diflingua du moins par un grand goût & une grandecorreâion dans l’imitation des modèles qu’il choififîoit.
Entre les tableaux de ce peintre qui appartiennentau Roi, on diftingue une fainre. famille accompagnéede Saint-Michel , la Vierge & Sainte-Anne , laVierge tenant l’Enfant-Jéfus, mais furtout le portraitde la Joconde, l’un de fes tableaux les plus parfaits.Vafari affure qu’il fut quatre années à le peindre,ce qui rendroit vraifemblable le temps qu’employaProtogcnes à peindre fon Jalyfe. Sa belle confervar.anefl: due aux foins que l’ardfte a donnés à le faire.On y trouve, dit Lépicié, ces préctfions , ces détails8c cette imitation parfaite de la nature , dont il avoittoujours fait l’objet de fes favantes réflexions, l’attitudeefl: fimple , la tête & les mains font d’une exécutionfi fuave & fi fondue, qu’on n’apperçoit pas le traitdes contours. Ce tableau a été payé par François Iquatre mille écus, qui n’en vaudroient pas aujour-d’hui moins de douze mille. Cette Joconde étoit lafemme de Francefco del Giocondo , GentilhommeFlorentin.