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Tome quatrième.
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P E I

pour élever l’artifte jufqu’à l’expreflîon Je cettebeauté fuprême qu’on appelle idéale : mais avant deparvenir à cette expreffion , il faut favoir rendrecelle de la vérité qui en eft la bafe, & fans laquelle,en cherchant l’idéal, on ne trouvera que l’imaginaire..Le procédé de Léonard eft donc également utile, &à ceux qui. fe propoferont feulement la fimple imi-tation de la nature, 8c à ceux qui auront l’ambition:Je l’élever jufqu’au plus haut caraélère de la beauté.

Quoique Léonard n’ait point été, dans cette dernièrepartie, l’égal de Raphaël, on remarque déjà, dansfes ouvrages, du choix & de la grandiofîté. Il avoitétudié les belles proportions du corps humain , & enavoit donné des principes. Dans fon fameux tableaude la Cène à Milan, dont les figures font plus gran-des que nature, on voit des têtes belles , d’un grandcàraftère, bien coëffées, des draperies favantes ,• &un goût général qui tient de fort près à celui de Ra-phaël. On connoit de lui des portraits finement def-finés 8c d’une grande vérité d’effet & de couleur. Ilavoit l’art d’imprimer à fes ouvrages une longue du-rée ; il en relie un grand nombre qui femblent nou-vellement fortis de deffus le chevalet. Si l’on peutjuftemenc lui reprocher de la froideur, ce n’ell pasdans fes plus beaux ouvrages ; mais on ne peut nonplus louer en lui cette chaleur, aujourd’hui fi vantée,qui eft le réfultat d’une grande vivacité d’exécution ,& qui ne peut fie rencontrer avec le rendu que ja-mais Léonard ne s’eft permis d’abandonner. Les cartonsqu’il deffina pour peindre , conjointement avec Michel-Ange , la grande falle du confeil, font devenus unobjet d’étude pour les plus grands peintres, & Ra-