P E I itfjç
En corfidérant feulement le Titien comme peintre %ç’e fi:-à-dire en n’ayant égard qu’à la. couleur & anmaniment du pinceau , il mérite fans reftriction les.plus grands éloges. Comme deffinateur, il mérite fou-,vent des reproches. Comme peintre d'hiftoire, on,î’accufe des plus choquans anachroriifmes ; on ne lui-pardonne pas de n’avoir point été affez fcrupuleux dans,le choix des formes, allez grand., affez noble dans fes,expreflions, affez poète dans les conceptions.
Il n’a pas été furpaffé dans la peinture du payfageitf Ses lires, dit de Piles, font compofés de peu d’objets 9» mais bien choifis ; les formes de fes arbres bien», variées , leurs touches légères , moëleufes , & fans.» manière ; mais ce qu’il a obfervé affez régulière-», ment , eft de faire voir dans fes payfages quel-.» qu’effet extraordinaire de la nature , lequel fait unç ;î) fenfation piquante , & remue le cœur par fa fin gu-.». la ri té & par la vérité ».
Le Titien, jouilïbit de la plus haute confidératiotï;dans fa patrie , & ufoit noblement, de la fortune-qu’il avoit acquife par fes ouvrages. Les grands fefaifoient un honneur de venir partager fa table ; elle.-étoit fplendide , & il la rendoit agréable par les char-mes de fon efprit. Il avoit une grande douceur, de--cara&ère , & nè parloit qu’avec la plus grande mo-dération de fes rivaux ou de ceux qui croyoient l’être*.A l’âge de 99 ans, il confervoit encore la vivacitéde la jeuneffe, & les faillies d’une imagination bril-.lante. Il fembloit être encore éloigné de la fin de fa-,carrière , lorfqu’il fut attaqué de la pelle. On lui fit :de magnifiques obfeques, quoique l’ufage ne pemiît-pas d’enterrer publiquement ceux qui périffent de c„e&&affreufe maladif L iij
J