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P E I
de dix-huit ans, il vint à Rome & fe mit au fervîcédes peintres qui travailloient aux loges du Vatican,& qui l’occuperent à porter le mortier dont on faitl’enduit des frefques. Les noms de la plupart desgrands qui vivoient en même temps que lui font ou-bliés j le fien eft bien plus noble, puifqu’il eft encoreprononcé avec refpeél par les amateurs des arts.
Le jeune Polidore devint peintre en voyant travail-ler Jean da Udine ; il attira l’attention de Raphaëlqui s’empreffa de lui donner des leçons , il devintl’un des plus habiles dilciples de ce grand maître. Sonapplication à copier les ftatues antiques Le rendit, enquelque forte, pour la fcience du deflin & la puretédes formes, l’émule des anciens ftatuaires de laGrece. Moins touché des charmes de la ceuLeur , ilprit le parti de la négliger entièrement, & de ne pein-dre que des ouvrages de clair-obfcur, à l’imitationdes bas - reliefs. C’eft dans ce genre qu’il aifocia festravaux à ceux de Raphaël, & qu’il peignit, dans leschambres du Vatican, des frifes au deffous des ta-bleaux de ce maître. Il décora l’extérieur d’un grand;nombre d’édifices de Rome, de la forte de peinture,,ou fi l’on veut de gravure que l’on nommoit fgrafitto ,& qui confiftoit à deffiner par hachures , avec unpoinçon fur un enduit blanc appliqué fur un fond noir.Il quitta Rome lorfqu’elle fut affiégée par les Efpa-gnols en 1417 1 & ne trouvant point d’occupation àNaples , il s’embarqua pour Meffine , où fes talenspour l’architeélure lui procurèrent des travaux. Il pei-gnit aufli dans cette ville un portement de croix, &prouva par la couleur vigoureufe de ce tableau , quec’étoit par choix, & non par impuiffance , qu’il s’étok