Band 
Tome quatrième.
Seite
297
JPEG-Download
 

P E I 297

Mantoue les quatre travaux d’Hercule qui ont pafféau cabinet du Roi; ce fut à Bologne ,, qu’il peignitpour Philippe IV , Roi d’Efpagne l’enlevement d’He-lene , qui ne parvint point à ce Prince , & qui leconl'erve à Paris dans la galerie de l’hôtel de Tou-loufe. Il confentit cependant à fe rendre à Naplespour y décorer de fon pinceau la chapelle du Trefor ;mais quand il le vit menacé par l’envie des peintresnapolitains, qui inliiltèrent même grièvement un defes éleves , il craignit le poilbn Sc fe retira de cetteville. -/

Le Guide étoit doux & modefte comme homme,fier &: délicat comme peintre , incapable de fupporterde la part des grands aucun procédé hautain , parcequ’il croyoit que la dignité de l’art en étoit bleflëe.Il auroit cru s’abaiffer en demandant même l’argentqui lui étoit dû : jamais , quand il faifoit quelqu’en-treprife, il ne traitoit par lui-même la partie de l’inté-rêt, il la faifoit traiter par utî tiers; mais le plus fou-vent, il faifoit l’ouvrage fans ftipUler la récompense ,envoyoit le tableau fans en fixer la valeur, & s’enremettoit à la juftice de ceux qui l’avoient demandé.Vifité par les grands , il ne leur rendort pas de vi-fites ; il difoit que c’éroit à l’art qu’ils faifoient hom-mage quand ils venoient dans fon attelier, & qjue faperfonne n’av.oit aucune part à leurs démarches. Iltravaillait la tête couverte, même en préfence du Pape,& fe refufa aux inftances des Princes qui l’appelloientdans leurs états , dans la crainte qu’à leur cour l’artne fût humilié dans fa perfonne. D’ailleurs , il rece-voir avec la plus grande modeftie les éloges perfon-neis qui lui étoienc adreffés,, & fuppn'moit avec, foi®