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Tome quatrième.
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prétend qu’il choifit le Caravage pour modèle dans îîmanière de pouffer les ombres jufqu’à un degré deforce qui approche du noir. Mais je crois que le Guer-chin fut moins porté à cette manière par l’imitation,que par le defir de porter la lumière au plus grandéclat qui foie poffible à l’art , & plus encore parl’habitude de peindre à frefque & de donner de lavigueur à ce genre de peinture. En effet , le peintreà frefque doit s’accoutumer à n’étre pas effrayé de laforce exagérée qu’ont les couleurs lorfqu’il les pofefur l’enduit, parce qu’elles ne s’affoibliffent que tropen Léchant. Mais l’habitude de pouffer au brun quandon peint à frefque , doit porter à exagérer auffi lebrun des ombres quand on peint à l’huile , ce quieft un défaut dans ce genre, parce que les bruns,loin de s’affoiblir, ne font que pouffer au noir envieilliffant. On peut obferver, qu’en général & fanstenir compte des exceptions, les peintres qui fe fontdiftingués dans la frefque par une couleur vigoureufe,ont tendu au noir dans la peinture à l’huile.

Le Guerchin, dans ur, âge plus avancé, rendit facouleur plus claire; mais loin de s’en faire un mérite,il cherchoit au contraire à s’en exeufer, & difoitqu’il n’avoit adopté cette manière que pour le prêterau goût des amateurs, gâtés par le coloris du Guide& de l’Albane. Il faut pourtant convenir que des om-bres très brunes avec des lumières très brillantes fontun menl'onge, parce que les objets qui font fortclairs dans les jours ne peuvent être fort bruns dansles ombres. Une chair blanche ne reçoit que des om-bres tendres ; des étoffes claires ne reçoivent pointdes ombres fort brunes. On fent bien que nous a*parlons pas ici des effets de nuit.