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Tome quatrième.
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(iro) Les Seghers, peintres de l’école Fls-ii.mande, tous deux artiftes de beaucoup de mérite :mais la grande réputation de l’aîné qui ne fe diftiti-gua que dans un petit genre , & la forte d’obfcuritédans laquelle eft tombé le cadet qui peignit l’hiftoiteavec diftin&ion , prouvent que, daris les arts commedans les lettres , un très grand talent, même dansles genres inférieurs, eft bien préférable a un talentmoyen dans les plus grands genres.

Daniel Seghers, né à Anvers en 1590, apprîtfon art de Breughel de velours qui, dans ce temps,ne peignoit encore que les fruits & les fleurs, & ilfe livra pour toujours à ce genre que ce maître aban-donna dans la fuite. Il entra de bonne heure dansl’ordre des jéfuires en qualité de frère , abandonna lapeinture pendant fon noviciat, reprît fes pinceauxquand ce temps d’épreuve fut paffe , 8 c obtint de l'esfupérieurs la permillion d’aller à Rome. Il prouva parTon exemple, que le fejour de cette ville eft utileà tous les artiftes , quel que foit le genre auquel ilspréfèrent de s’adonner. Rubens ne dédaigna pas d’affo-cier fon talent à celui du frère Seghers , 8 c peignitplusieurs fois des figures que Seghers ornoir de fleurseu qu’il encadroit dans des guiriandes de fleurs.

Ce peintre s’appüquoit à la culture des fleurs , &tecueilloit dans fon jardin des modèles qui lui dévoientla naiffancé. Il parvint à donner à fes imitations,l’éclat, la variété, l’harmonie dont la nature paroïtles originaux. Gn admire fur tout fon adreffe à pro-duire fous fes pinceaux l’incarnat de la rofe & lablancheur du lys. Il favoit répandre fur ces objetsîa fraîcheur du matin & les humefter de la rol’ée