Band 
Tome quatrième.
Seite
353
JPEG-Download
 

P Ë I 35-3

cjlîÎ les baigne au lever de l'aurore. Il lés accompa-gnent de différens infeéles , mouches , fcarabées*papillons , finis & rendus avec une vérité cjui iembioit-défier la nature.

Son talent ne fut point inutile à la maifon quil’avoit adoptée ; les princes, recherchoient les ouvragesde Seghers , il fe failbit un devoir de leur en offrir ,& c’étoir fon couvent qui recevoit les riches témoi-gnages de leur reconnoiffance. D’ailleurs on peutcroire que les Jefuites, déjà célèbres par les talonslittéraires que leur ordre renferment , n’étoienr pasfâchés d’avoir un de leurs membres qui lui procuraitencore une nouvelle iiluftration par fes talons dans-lapeinture. Ce célèbre religieux tnourut à Anvers en1660. âgé de foixante & dix ans.

Gérard Seghers , fon frère , naquit à Anvers enïp92., & fut élève d’un peintre de fa nation ; maisaprès avoir déjà donné des preuves de talent, il fitle voyage d’Italie , fe mit fous la conduite dé Man-fredi élève du Caravage & prit la manière de ce pein-tre. En la blâmant, il faut convenir qu’elle féduiratoujours un grand nombre d’amateurs & même d’ar- 1tiftes , parce qu’elle donne aux objets un g "and relief,parce qu’elle produit un effet qui étonne quoique con-traire à lâ vérité , parce qu’elle femble affadir lecoloris de tous les tableaux qu’on lui oppofe. Se-ghers, qui joignoit aux preftigss de cette manièreune belle harmonie , plut aux Italiens. Il plut encoredavantage en Efpagne , où il fut conduit , & leroitle fit inferite fur l’état de fes penfionnaires. Il plutmême quelque temps à Anvers , où il revint s’établir,& i! y eut peu d’églifes de cette ville pour lesquellesT'orne 1 F. Z