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& la douceur de fa vie ne fut jamais troublée pardes chagrins domeftiques.
Il avoit une grande intelligence du clair-obfcur v& il a égalé ou peut-être lurpaffé Rubens par la vi-gueur du coloris. Son exprelïion étoit forte & vraie -,mais dans cette partie il manquoit de nobleffe, ainlique dans les formes. Ses têtes , non plus que les au-tres parties de fes figures , ne font pas d’un beauchoix -, mais elles vivent, mais elles ■ expriment toutce que le peintre a voulu leur faire dire. Ses attitn-des ne font pas majeftueules ; mais ce font des moitwvemens juftes, & s’ils n’expriment que des a&iohsbaffes, ils font préférables du moins au froid men-fonge des attitudes théâtrales. Tout s’arrondit , toutfé détache, tout refpire dans fes tableaux. Il fembleque ce ne foient pas des imitations ; on croit voir lanature elle-même.
On célèbre le tableau dans lequel il a repréfentéFrédéric-Henri de Naffau fur un char de triomphetraîné par quatre chevaux blancs. Le plus confidérablede fes ouvrages eft le tableau du maître autel del’églile de Saint-Walburge à Fûmes ; il repréfente'Jéfus-Chrifb au milieu des do&eurs : on l’a fouventattribué à Rubens, & ce ne feroit pas un de fes moinsbeaux ouvrages. Comme la nob-lefle a manqué feule àJordaetts , il feroit au-deffus de toute critique , s’iln’avoit pas peint l’hiftoire. On doit donc accorderdes éloges fans mélange à fon fatyre foufïlant le froid& le chaud , & à fon fameux tableau du Roi boit.
Ce très-grand peintre mourut dans la ville de lanaiffance en- 1.678 , à l’âge de quatre-vingt-quatre-atvs.
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