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cieux ouvrages qui fe trouvoient dans la Tienne, &fans s’écarter de fes foyers, il tâcha de fe rendre élèvedu Titien, de Paul Véronele, du Baffan & du Ca-ravage. Cependant, comme on eft naturellement portéà fuivre les exemples qu’on a toujours fous les yeux,c’eft l’imitation de Rubens qui fe montre dans fesouvrages, mais avec moins de noblelfe que n’enavoit fon modèle. Il eft très-vraifemblable , commeon l’a dit avant nous, que s’il avoit pu voyager,il auroit cor.fervé le goAt flamand , même dans lefein de l’Italie.
Rubens connut Jordaens , & l’aima. Il fe plut àlui procurer des ouvrages, & furtout des cartons àpeindre en détrempe, pour être exécutés en tapifferie.C’étoit le roi d’Efpagne qui les demandoit, & cetteentreprife était fort avantageufe pour un jeune ar-tille. Mais comme la malignité fe plaît à répandrefon venin fur la bienfaifance, on a prétendu queRubens, jaloux de Jordaens, lui avoit procuré cesgrands travaux en détrempe , pour le perdre en pa-roiffant l’obliger , & pour détruire en lui la bonnemanière de colorer à Phuile. Sandrart a même écrisque Jordaens n’avoit plus eu qu’un coloris froid, de-puis qu’il avoit peint ces cartons. Il ignoroit, fansdoute, que ce peintre éroit encore fort jeune quandil les fit , & que les tableaux fur lefquels fa réputa-tion eft fondée , font poftérîeurs à cette époque.
Jordaens ne vit jamais fes tableaux payés aulftcher que ceux de Rubens ; mais fa facilité lui procura«ne fortune a (fez confidérable, & fon caraûère luiprocura le bonheur. Il donnoit les journées entières«u travail } & les foirées à fa famille & à fes amis }