P È I
confiantes à l’académie ; mais il fut fe borner au pay-fage, & devint le premier des payfagifles.
•Aucun d’eux n’a mieux repréfenté la vérité; & ce-pendant il ne peignit jamais d’après nature : il paffoitdes journées entières dans la campagne , oblervantd’un œil attentif les effets qu’y produit le foleil de-puis fon lever jufqu’à fon coucher, ceux que fontnaître les vapeurs montantes ou defcendantes , lespluies, les orages, le tonnerre. Tous ces phénomènesle gravoient profondément dans fa mémoire, & il lesportoit au befoin fur la toile avec autant de pré-cifion que s’il les avoic eus fous les yeux. Il enétoit de même des lires; il ne les copioit pas, il lescréoit en quelque forte , & joignoit, à la plus grandevérité , l’idéal qui convient à ce genre. Ses payfagesne forte pas le froid portrait d’un certaine partie dela campagne , tels que ceux de la plupart des pein-tres Flamands & Hollandois : mais en s’élevant audeffus de cette imitation fervile , il donnoit des re-préfentations fideles de la nature. Ses arbres, quandils font d’une grande proportion , font diflinguésluivant leurs efpèces : dans fes effets, l’heure dujour eft exa&ement diftinguée. Il eft impoffible demieux rendre les dégradations des objets fuivant leurdiftance, de mieux faire fentir l’épaiffeur vaporeufequi fépare le fpe&ateur du lointain, de mieux repré-fenter par des couleurs l’apparence de la vérité. Hn’a point de touches maniérées , & fouvent mêmeil couvroit & diflimuloit fes touches par des glacis,fupérieur aux charlataneries de l’art & ne cherchantà fe montrer que l’imitateur de la nature. Comme ilRevoit plus fon talent à l’opiniâtreté du travail, à 1?