P E I
» Ce rideau entr’ouvert laiffe voir le dedans de ce» bel édifice dans lequel eft repréfenté le Saint-Efprit» qui defcend fur la Vierge & fur les Apôtres : la» grande lumière que produifent les rayons du ciel,» furtout par l’oppofition des marbres du portique ,» en rend les effets furprenans. Au bas fe trouvent» cinq marches fur lefquelles on voit quatre Apôtres» qui font furpris de ce qui fe paffe au dedans. Un» d’eux monte les marches avec précipitation-, & fe» foutient à la première colonne. Van Ooft s’eft re-» préfenté lui - même fous la figure d’un de ces Apô-» très. Sur les marches, il a cherché à interrompre» les formes froides , & régulières : ici c’eft: un livre» entr’onvert, là ce font des papiers ou manufcrits. Ce» morceau trompe tous les jours les artiftes mêmes. La» perfpeclive y eft auffi bien obfervée que l’harmonie» de la couleur ».
Jacques Van Oost, fonfils, furnommé le jeune,marcha fut fes traces. Né en 1637 , il mania le crayondès la première enfance , fit le , voyage de Rome <k yétudia l’antique & les grands maîtres. S’il eût fuivifon inclination ,. il fe feroit fixé à Paris ; mais il futretenu à Lille par les entreprifes qui lui furent pro-pofées & qui fe fuccéderent. C’eft dans cette ville quefe trouvent fes principaux ouvrages. Il y pafla qua-rante ans, & ne la quitta que dans la vieilleffe , aprèsla mort de fon époufe. Il finit, en 1713 , fa vie àBruges , où il avoit pris naiffance. A l’exemple de ionpère, il n’a pas fait de tableaux de chevalet, ce quifait qu’il n’eft guere connu que dans les villes oùil a travaillé.
» Sa manière, dit M. Defcamps, approche de celle