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tures antiques, dont la découverte fie fit de forttemps; il ne fe contenta pas d’envoyer des deflîna*teurs dans le Royaume de Naples, il en fit mêmepartir pour la Grèce, & fe fit ainfi le plus beauporte-feuille qui pût exifter de fon temps.
Les études qu'un artifte a faites dans tout le coursde la vie, fbit d'après la nature vivante, foit d’aprèsdes objets inanimés, ne font pas reliées affez profon-dément gravées dans fa mémoire pour qu’il puilfe,fans erreur, fe repofer fur elle; mais il les a dépolée*dans fon porte feuille 8c les y retrouve au befoin.Tantôt c’eft un effet paflager qu’il a fixé par un la-vant croquis ; tantôt c’eft un mouvement naïf , uneexprelfion vraie; tantôt une fuite de plis heureufementjettés par la nature ; tantôt un ajuftement, un agen-cement üngulier & pittorefque ; tantôt un cara&ère dephyfionomie bien prononcé : ce fera en un mot toutce que la nature peut offrir à l’imitation de l’art. C’eftà cet égard que nous avons comparé le porte-feuilled’un artifte, au fecrétaire dans lequel l’hemme delettres renferme fes notes.
L’artifte, avant de compofer, trouvera fourent ungrand avantage à parcourir ceux de fes portefeuillesqui contiennent des eflampes ou des études faitesd’après les ouvrages des plus grands maîtres : ce n’eftpas qu’il doive fe repofer fur ces maîtres du foin depenfer, de fentir, d’imaginer pour lui; mais fa penfée,fon ame, fon imagination recevront un nouveau redoreà la vue de tant de chefs-d’œuvre. 11 reconnoîtra lesforces des rivaux de tous les temps, contre lefquelsil doit lutter ; il excitera les Tiennes pour parvenir àles vaincre. Leurs beautés lui infpireront des beautés
qui
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