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êc pojfer le modèle eft devenu le contraire de cequ’il devoit Être. Au lieu de chercher, comme lesanciens , à exprimer une aclion par les moindres mou-vemens poflibles , on a cherché de grands mouvemenspour rendre même les allions qui n’exigent qu'e desinouvemens très-doux. La grande règle que les maî-tres ont prefcrite à leurs élèves, a etc de donnerbeaucoup de mouvement à leurs figures ; & les élèves^devenus des maîtres à leur tour, ont regardé l’exagé-ration des mouvemens comme la plus belle exprelïion«le la nature vivante. Dè^ lors au lieu de pofer le moidele dans uhé fuuation facile, on a voulu le paitrircomme les Sculpteurs paitriflent la terre : on l’a forcéde tenir douloureusement les pojes les plus pénibles.Les élèves après plufieurs années d’études, cormoifloienttrès-bien les pofitions dans lefquelles des bourreauxpourvoient placer de* fuppliciés : & ils ne connoiftbientencore aucunes de celles que la nature fe plaît à adop*ter. Que réfultoît-il de cfette éducation ? qu’ils met-toicne dans leurs ouvragés ce qu’ils avoient appris^& qu’ils n’y metroient rien de naïf ni de naturel.
Quel éft le vrai but de l’art ? Limitation de laftature dans les pofitiohs qui lui font les plus familière*& dans le développement de fa beauté. La maniéréd’enfeigner l’art affeîloU donc de s’écarter autant qu’illui étolt poflible du véritable but de l’art;
Si l’artifte trouve une ou deux fois dans fa viel’occafion de repréfentet des mouvemens exagérés, desitôions d’une violence extraordinaire, des fupplicesrecherchés, il faura bien alors en faire les études,putfqii’il fe fera familiarité avec dès études bien plu*difficiles, celles de la nature dans fa bèauté.
Tome P,