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» Fier de l’avoir emporté fur leurs rivaux, flattés* d’être les objets d’un choix que le public fem-» bloit approuver, ils pensèrent mériter cette diftinc-» tion pour l’avoir obtenue; & parce qu’on les» croyoit capables de devenir de bons artiftes, ils» s’imaginèrent l’être déjà. Dès-lors, au lieu déjuger» de leurs ouvrages , par la comparaifon de ceux des*> grands maîtres, ils décidèrent du mérite des chefs-9 d'œuvre des plus grands peintres en les comparant à» leurs propres ouvrages, & fe préparèrent d’avanceJ» à ne les approuver qu’autartt qu’ils leur reffemble-» roient. Comme ils trouvèrent que tout ce que» ces peintres avoient fait, étoic totalement oppofé» à ce qu’ils avoient appris , ils aimèlent mieux» blâmer les anciennes méthodes, que dé réformer» celles qu’ils avoient adoptées, & s’imaginèrent de-» venir des gens habiles en critiquant ceux qui l’é—9 toient réellement, & en méprifant ce qu’ils ne pou-» voient imiter. Beaucoup de ces perfonnes qui ne fe9 décident que fur l’opinion de ceux en qui elles ont9 mis leur confiance, parce qu’elles leur croyent de» la capacité, ont adopté le goût de ces mêmes ar-» tiftes, penfant qu’ayant étudié en Italie , ils dévoient9 néceflairement être plus habiles que les autres.
» Mais à quoi fert d’avoir vécu en Italie, fi l’on9 n’y a fait qije ce que l’on eût pu faire fans forür» de chez foi ? Si l’on n’y a pas porté des yeux çaj» pables de fentir les beautés qu’elle renferme? Si» enfin ce que l’on voit, au lieu de détruire le*» fauffes maximes qu’on y a apportées, ne fert qu’à■ les confirmer ?
» Ce n’eft pas que, dans 'la foule > il ne fe fai*