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«l’un ouvrage , fi l’artîfte exige un prix qui paroilTeexceffif. Car quoiqu’on dife communément t cet ou 1 -vrage eft impayable, il eft fans prix , &e ; on a droitaulTi de répondre : chaque chofe a l'on prix. Pourle déterminer, les arbitres nommés par le iuere aurontà confidérer le mérite de l’ouvrage, & fes défauts ;enfuite quel efl le degré de talens de fon auteurquels prix lui font donnés ordinairement pour ce quifort de fa main ; e; fin , par approximation , quel eflle prix donné aux artifles de fon rang , pour desouvrages à-peu près du meme genre que celui quidonne lieu au procès,
Pierre, citoyen d’une fortune aifée, a demandé ufttableau fans convenir du prix : il efl: content del’ouvrage. Le peintre lui demande dix mille livres.Pierre refufe ce payement, par la raifon que le pen-dant d’un tableau qu’il vient de faire faire , & qui-eft auffi l’ouvrage d’un habile homme, ne lui a coûtéque trois mille livres. Le peintre foutient que',fans avoir égard au mérite ni au prix du pendantde fon tableau, le fien lui doit être payé la fojnmedemandée, parce que c’eft fon prix , ;& q U J jj ] u j aété alloué pareille fomme de dix mille livres pour unouvrage de même nature, fait pour tel Prince, &c.
L’affaire rnife en arbitrage ; fi le tableau, quoique:.beau , no doit pas être porté-à dix mille livres, euégard au prix commun des autres artiftes diftingués',il nous femble que Pierre ne doit pas être tenu depayer cette fo.tjime.
D’un autre côté, il ne feroît pas jufte de réduirel’artifte au prix du tableau que Pierre a fait faireprécédemment pour la lomme de 3000 livres, qu»