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P R O
croyant entrer chez Chardin , & lui demande un ta-bleau fans faire entendre à ce peintre qu’il ] e prendpour un autre -, l’erreur étant reconnue quand le ta-bleau eft fait, l’aniateur eft obligé de prendre & depayer le tableau. « Ce n’eft pas, dit Pothier, (i) la« convention qui l’y oblige ; car la convention, qui» eft nulle , ne produit pas obligation -, mais c’eft» l’équité qui oblige à indemnifer celui qu’on a,» par imprudence, occupé & induit en erreur ».
Il eft arrivé des confortations fur les changemensopérés par l’artifle, dans les projets en dellins ouefquifies qu’on avoit acceptées. Il nous lemblc qu’iln’y a qu’un cas où de tels changemens puiffent luiÊtre défavorables. C’eft celui où il feroit démontréqu’il auroit fait des changemens défavantageux à l’ou-vrage , dans l’intention de fe donner moins de peine talors, en effet, la condition d’avoir tel tableau n’étantpas luffifamment accomplie, par le defaut d’unè ouplufîeurs figures efientielles dans le fujet, il en doitréfultcr que la condition du prix foit aufli annullée ,& qu’on en donne un qui foit proportionné'à la na-ture de l’ouvrage.
Mais s’il n’eft pas détérioré par les changemensqu’aura fait l’artifte, il doit, quels qu’ils (oient,recevoir lfc prix convenu pour fon travail. On affureque notre fameux Jouvenet ayant fait marché avecles Religieux du Prieuré de St. Martin-des-Champs,pour quatre tableaux repréléntant des traits de lavie de St. Benoit, cet artifte jugea que tous les ha-
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