202
P R O
billemens noîrs qui entreroient dans Pordonnancede ces tableaux, rendroient uniforme & trille le tongénéral du coloris. Il ne voulut point, ce furent festermes, s’occuper à peindre des facs à charbon , &fans rien communiquer aux religieux, il choifit quatrebeaux fujets de la vie de J. C., & les exécuta telsque nous les admirons dans la nef de leur églife.Les religieux inftruits du changement qu'il s’étoitpermis dans le choix des fujets, voulurent lui laiflerles tableaux, dilant que ce n’étoienc pas ceux qui luiavoient été demandés. Sur les preuves évidentes queJouvenet établit, qu’il ne s’étoit déterminé à changerde fujet que par des raifons très-favorables au fuccèsde fes tableaux, les religieux furent forcés, très-heureufement pour eux, à les prendre tels qu’il lesavoit faits.
D’où il eft fage de conclure qu’il ne faut pascommander rigoureufement le génie, & le circons-crire étroitement dans le cercle des conditions qu’onaura faites avec l’auteur, conditions dont il n’aurapas d’abord lui - même fenti toute l’étendue ni prévutous les inconvéniens.
Il peut arriver par maladie, mort, ou quelqu’autreévénement particulier, que la ftatue, la planche, oule tableau demandé, ait été commencé, & foit in-terrompu. On demande fi l’on eft en droit de lefaire prendre dans l’état où il fe trouvera lors de lacirconftance qui a empêché qu’il ne fût terminé,fauf à celui qui l’ a commandé , à le faire acheverde telle manière qu’il lui plaira : toutefois en nepayant ledit ouvrage non-fini, qu’en proportion dece qui fera fait.