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f tes figures, dît-on, font les habitans fiftifs deslieux où elles font placées : elles doivent donc êtrecollolfales dans des habitations colloffales, & cellesqui, dans ces habitations, font placées à une grandeélévation doivent augmenter. de proportion à mefurequ’elles s’élèvent, pour paroître encore colloffalles,quoiqu’apperçues d’une grande diftance.
On nous accorde que, dans un édifice collolfal,Jes figures peuvent avoir jufqu’à neuf pieds de pro-portion. Dès qu’on veut bien condefcendre à nousaccorder ainfi quelque chofe d’arbitraire , on nousrend la liberté de lailfsr juges de cet arbitraire &le Corrège, & tous les habiles peintres qui ont fuiviles principes qu’il leur avoit indiqués, & tous lescélèbres flatuaires qui ont confacré leurs talens à làdécoration des grands édifices : car comment oferions-nous oppofer notre fentiment arbitraire , au fentiment,à la réflexion, à l’expérience de tant de maîtres!
Il s’agit ici d’une queftion de goût. Bien des per-fonnes fe fentiront portées à en lailfer plutôt la dé-cifion à l’autorité d’artiftes en grand nombre, &célèbres par des ouvrages dans le genre dont ondilpute, qu’à un artifte plein de goût, il efi: vrai,& jufteihent célèbre lui-même; mais par de petitsouvrages. Elles pourront foupçonner que l’habitudede compofer des figures de deux ou trois pouces deproportion tout au plus, a fait que fes yeux ont étébleffés à l’afpeél des proportions collolfales. ( L )
PRONONCER ( verbe aélif. ) Les moyens parlelquels les arts imitent & expriment les apparencesde la nature forment le langage des arts. Puifque les
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