s c u 6i?
Sa IVatue de Vénus célefte, aufli d’or 8c d’ivoire,fouloit d’un pied une tortue.
Celle de Minerve Aréa ou martiale, à Platée, avoit lecorps de bois doré ; la tête, les pieds 8c les mains étoiencde marbre pantéiique; mélange qui ne devoit pas pro-duire un effet heureux.
On voyoit de lui à Delphes un grand nombre de fta-tues : Minerve, Apollon , Erechtée , Miltiade, Ce-crops, Pandion , Antîochus fils d’Hercule & de Mi-dce , Agée , Acamas fils de ’JPhéfée, Codrus , Théfée ,Phileus. Quoique le génie de Phidias le portât fur-tout à imprimer à fes ouvrages cette grandeur docaraélère qui ne fuppofe pas toujours le talent de rendreavec précifion les formes individuelles , 8c qui mêmefetnble l’exclure , il réuflit à faire le portrait avecbeaucoup de reffemblance , comme on le remarquoitdans la figure d’un jeune homme nommé Pantacès,qu’il avoit repréfenté en bas-relief fur la bafe du Jupi-ter olympien. Il fit aufii Ion propre portrait fur le bou-clier de Pallas.
Phidias, malgré l’autorité que devoit lui donnerfa grande réputation, fut obligé de l’oumettre l'ongoût à celui des Athéniens. On ne doit pas lui repro-cher, par exemple, d’avoir fuivifon propre goût quandil fit des ftatues en or & en ivoire. Nous voyons parun paffage de Valère-Maximc , qu’il voulut ohtenifdes Athéniens la permiflion de préférer le marbre pourlaffatue de Pallas.Ils i’écouterenttranquillement, tantqu il ne leur parla que delà folidité du marbre & de1 avantage qu’il avoit de conferver plus long-tempsfon éclat: mais quand il eut l’imprudence d’ajouterqui! coûtoic moins cher, ils refusèrent de l’entendre,
<2q iy
r