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l’hiftoire; tandis que, d’un autre côté, les traits précieuxqui nous reftent de ces hommes rares, qui auroiencdû vivre autant que leurs ftatues, raniment en nousce fentiment d’une noble émulation qui porte l’ameaux vertus qui les ont préfervés de l’oubli. Céfar voitla ftatue d’Alexandre ; il tombe dans une profonderêverie, laifle échapper des larmes & s’écrie : Quel futton bonheur ! à l’âge que j’ai, tu avois déjà fournisune partie de la terre ; & moi, je n’ai encore rien faitpour ma propre gloire. Quelle gloire que la Tienne !Il déchira fa patrie.
Le but le plus digne de la.fculpture, en l’envifageantdu côté moral, eft donc de perpétuer la mémoire deshommes illuftres, & de donner des modèles de vertusd’autant plus efficaces, que ceux qui les pratiquoientne peuvent plus être les objets de l’envie. Nous avonsle portrait de Socrate , & nous le vénérons. Quifait fi nous aurions le courage d’aimer Socrate vivantÇarmj nous ?
Là fculpture a un autre objet, moins utile en ap-parence ; c’eft lorfqu’elle traite des fujets de fimpledécoration ou d’agrément : mais alors elle n’en eft pasmoins propre à porter l’ame au bien ou au mal. Quelquefois elle n’excite que des fenfations indifférentes. Unfculpteur, ainfi qu’un écrivain, eft donc louable ourepréhenfible, félon que les fujets qu’il traite fonthonnêtes ou licenticux.
En fe propofant l’imitation des furfaces du^ corpshumain, la fculpture ne doit pas s’en tenir à unereffemblance froide, & tellequ’auroit pu être l’hommeavant le fouffle vivifiant qui l’anima. Cette forte devérité, quoique bien rendue, nepourroitexciter par